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Arrosage
 

L'ARROSAGE : RÉFLEXION RAISONNÉE

Si l'arrosage doit s'entendre comme la dose d'eau nécessaire à apporter à la plante, la question récurrente est : combien d'eau (la dose) et combien de fois (la fréquence) ?

Avant de parler des systèmes possibles - manuel, automatique par aspersion ou goutte à goutte... - il faut arriver à connaître le besoin des plantes car toutes ne fonctionnent pas de la même manière et ce, même dans une même catégorie, famille ou genre : Ainsi, pour ne citer que deux cas, l'Acacia de Constantinople (Albizzia julibrissin) se désaltère rapidement et se noie même avec un excès d'eau comme un arrosage quotidien de plusieurs litres, tandis que le Robinier (toutes variétés confondues) supporte bien les sols frais. La Rue graveolens au feuillage vert/grisé a une demande d'humidité à l'opposé d'une plante qui lui ressemble assez : la Coronille qui aime les sols secs ! Ou encore des gazons à forte proportion de Ray-Grass très consommateurs d'eau pour rester verts contre des pelouses avec force Fétuques de type élevée, qui pourriraient avec la même dose d'eau...

C'est pourquoi, par exemple, l'arrosage d'un massif arbustif de diverses essences demande l'élaboration d'un arrosage nuancé. Lorsque je constitue une plate-bande de vivaces et/ou un massif d'arbustes, je ne m'arrête pas d'emblée à la conception de l'arrosage par besoin des plantes (par exemple de placer tous les végétaux à faible besoin d'eau ensemble et les autres réunis ailleurs), mais je vais adapter l'arrosage en fonction des besoins connus et de l'exposition. La technique est aujourd'hui riche de procédés permettant une régulation de l'eau applicable sur tout type de plantations : goutte à goutte enterrable arrosant par capillarité,vannettes de réglage de débit sur un goutte à goutte permettant de sectoriser les zones ou de nuancer le débit suivant l'insolation de la saison, asperseurs à buse de débit échangeables ou vis de bridage de portée... pour ne citer que ceux-ci. En résumé, l'arrosage est une science qui va prendre en compte les besoins de la plante en s'adaptant à elle. Et encore faudrait-il aussi parler du pouvoir de rétention en eau du sol en place que l'on doit paramétrer dans les temps d'arrosage, sans compter le vent comme le mistral provençal ! C'est dire que ce travail est bien celui du paysagiste, homme ou femme de l'art.

Le jardin n'est pas une science exacte au sens standard du terme. Science ou connaissance intégrant un matériau vivant : la plante dans tous ses états, climats, exposition et... utilisations. Alors, redisons-le : Faites confiance à un professionnel qualifié; vérifiez seulement sa fiabilité lors de la conception que vous lui avez confiée, en parlant avec lui de ce qu'il propose. Après, c'est son affaire pour le résultat que vous en attendez au fil des saisons.

Vous me permettrez de conclure qu'acheter seulement un prix de prestation est insuffisant et risqué. La recherche de la moins-disance, prétendument avec la qualité requise, relève de la supercherie. Je le vérifie à longueur d'année sur des espaces « aménagés » que l'on me demande de reprendre... Personne n'est gagnant sur ce principe : le client déçu ou dégoûté d'avoir payé pour « rien », le paysagiste appelé ultérieurement pour présenter un devis de reprise onéreux (reprendre coûte cher.. !) incluant une garantie de résultat, et le jardin concerné de ne pas donner ce qu'il pourrait. Diplômes, labels, certifications, et qualifications sont des gages de fiabilité.

Et, étant formateur professionnel aussi, je sais de quoi je parle.

Bonne réflexion !

Pour vous aider au discernement, voici quelques mots-clefs liés à l'arrosage quedoit connaître le jardinier-paysagiste : ETP (Evapo-transpiration Potentiel), RFU (Réserve Facilement Utilisable du sol), plombage hydraulique, reprise, pluviométrie, fréquence ou périodicité, dose d'eau, clarinette, réducteur de pression... 

 
 
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